Entrez dans l'aventure au féminin...

Aventurières, voyageuses, exploratrices, globe-trotteuses... Elles existent, vous les avez rencontrées - peut-être en êtes-vous une.

Mais savez-vous qu'elles ont toujours existé ? Longtemps avant Alexandra David-Néel, longtemps avant Isabelle Eberhardt ?

En 1850, déjà... et même avant. Ida Pfeiffer, Isabella Bird, Gertrude Bell, Jane Dieulafoy... et tant d'autres. Ce blog leur est consacré ; aidez-moi à l'enrichir avec les histoires vraies que vous connaissez, et des questions auxquelles je m'efforcerai de répondre.



lundi 17 octobre 2011


La Bouboulina
à bord de L'Agamemnon.
Tableau de Peter von Hess
 Une amie grecque me rappelle l'existence d'une aventurière célèbre en Grèce, Laskarina Bouboulina. Ayant hérité de la fortune de son mari, cette fille de marin fit construire une petite flotte pour combattre l'empire ottoman, et prit le commandement du plus grand de ses navires, L'agamemnon, en 1821. A la tête de ses troupes, elle parvint à faire tomber Nauplie en 1822 avant de mourir victime d'une vendetta familiale. Laskarina Bouboulina n'est pas une exploratrice, mais une combattante. La différence entre ces deux types de femmes n'est pas toujours claire : il est arrivé que des voyageuses se fassent espionnes par patriotisme, comme Gertrude Bell, et les guerrières étaient parfois aussi des globe-trotters, comme Catalina de Arauso. Il faut cependant se méfier des figures de combattantes; elles sont parfois fabriquées ou récupérées à l'usage d'une cause, étant sous-entendu que " si même nos mères et nos filles se battent, c'est une preuve de plus que Dieu est de notre côté".
Pour en savoir plus sur la Boubouline, allez voir le musée Bouboulina à Spetses, en Grèce ; je ne connais pas de livre en français ou en anglais qui lui soit consacré. Toute information est la bienvenue.

mardi 16 août 2011

Ma tête à couper

Si vous voulez poursuivre le voyage avec Ida Pfeiffer, il faut lire la réédition par Phébus du récit de voyage d'Ida Pfeiffer, publié sous le titre "Ma tête à couper". C'est un régal !

mercredi 1 juin 2011

Aventurières malgré elle, aventurières malgré tout


Mary Seacole, jamaïcaine
épicière et aventurière
 Elles n'avaient pas choisi de voyager ; elles étaient lancées sur les routes les plus dangereuses au milieu des pays les plus hostiles pour rejoindre un mari, chercher une vie meilleure, transporter une cargaison, se produire de théâtre en théâtre... Emigrantes, commerçantes, artistes, elles ont souvent été présentées comme des victimes. Pourtant...   à y regarder de plus près, parmi les "aventurières malgré elles",  beaucoup se sont révélées particulièrement aptes à survivre dans les conditions imposées. Et une bonne part d'entre elles ont aimé ça. Malheureusement, toutes n'ont pas écrit...

lundi 30 mai 2011

La voyageuse et le corsaire

Aphra Behn,
une autre voyageuse dans la Guyane
du XVIIe siècle
Quel rapport entre un jeune surfeur d'aujourd'hui et une voyageuse vieille de trois siècles ? Mystère des rencontres... En tout cas, c'est bien Lodjewik Allaert, auteur d'un joli livre sur la glisse: L'instinct de la glisse (Editions Transboréal) qui m'a fait découvrir ce petit bijou : le journal de voyage d'Elizabeth Van der Woude.

Elizabeth avait vingt ans quand elle est partie de Hollande, en 1676, pour s'installer avec sa famille dans une nouvelle colonie encore à fonder sous le nom d'Orange, à l'embouchure de l'Oyapock. Son père meurt en voyage, puis sa soeur à l'arrivée sur l'Amazone. C'est la saison des pluies, et, même si la nature est enchanteresse ( "la nuit, toute la forêt semblait remplie d'étoiles et nous étions profondément émerveillés quand nous reconnûmes que ce n'était que des lucioles...") le climat est pénible. Elizabeth tombe à son tour malade. Comme le gouverneur lui refuse l'autorisation de rentrer en Hollande, elle prend la poudre d'escampette et s'embarque sur un bateau en partance. Lequel tombe dans un calme plat qui le porte sur les brisants de Guadeloupe, auxquels il n'échappe que pour rencontrer un ouragan  - "les poissons en étaient comme ivres dans la mer". Tandis que les voyageurs remontent vers Terre-Neuve, secoués par les tempêtes, le bateau perd une ancre, puis le mât d'artimon, le gouvernail, "un grand nombre d'agrès". Le 2 juin 1677, enfin, Elizabeth tombe aux mains du corsaire Jean Bart. Quelle rencontre encore que celle-là ! D'un côté la rigueur et la raideur d'une jeune protestante dont on imagine si bien le col et la coiffe empesés, de l'autre la galanterie d'un marin de fortune, qui sera bien obligé de s'incliner devant la  force d'âme de sa captive. "Je repoussai au loin un livre de patrenôtres et à plusieurs reprises j'éteignis des chandelles de suif" - autrement dit, Elizabeth résiste aux tentations que les "papistes" (les catholiques) mettent partout autour d'elle. Finalement, la voyageuse retrouve sa patrie seule et ruinée. Le flegme et la candeur de son récit font regretter qu'elle ne soit pas repartie !

lundi 23 mai 2011

Ida Pfeiffer sur France Inter

Stephanie Duncan
Si vous voulez entendre parler longuement de Ida Pfeiffer, vous pouvez encore podcaster l'émission de Stéphanie Duncan du vendredi 13 mai. Stéphanie et moi avons évoqué cette incroyable aventurière voyageuse et exploratrice du XIXe siècle - j'ose dire la plus grande de tous les temps.
Pour podcaster, suivez ce lien.

lundi 28 février 2011

Et les Françaises ?

En effet... La plupart des livres et des sites consacrés aux aventurières voyageuses donnent quasi exclusivement des noms britanniques et américains. On s'interroge : les Françaises ne sont pas des aventurières ?
En 2010, sans aucun doute, elles le sont autant que les autres. Il suffit de lire Jeromine Pasteur ou Isabelle Autissier pour en être sûr (vous trouverez d'autres noms, sur la page "Aventurières d'aujourd'hui", que je compléterai à la demande).
Dans le passé ? La réponse est plus compliquée. Il est vrai que peu de noms sortent des archives, plus exactement peu de noms de voyageuses solitaires et acharnées, se revendiquant telles, à la manière d'Isabella Bird ou Gertrude Bell.  Pourtant, elles existent, et c'est le grand mérite du livre de Françoise Lapeyre que de les faire sortir de l'ombre : Le roman des voyageuses françaises. On comprend bien, en le lisant, pourquoi cette ombre... Les voyageuses françaises étaient presque toutes cachées derrière un homme, leur mari le plus souvent, ou derrière une profession qu'elles mettaient en avant plus que leur goût du voyage.
Citons, grâce à Françoise Lapeyre : Marie de Ufjalvy-Bourdon, Adèle Hommaire de Hell, Mme Biard, Mme Chantre, Catherine de Bourboulon, Lise Cristiani (violoncelliste), Olympe Audouard (journaliste)...
Il faut citer aussi celles qui ont mis leur goût du voyage au service du militantisme politique, comme Flora Tristan ou Louise Fusil.
Deux caractéristiques propres au monde latin : la disparition de la femme derrière le mari, et la prééminence du champ politique sur les autres. C'est pourquoi, avant Alexandra David Néel, il y a très peu de grandes dames du voyage, en France, en tout cas qui se revendiquent comme telles. Mais il faut lire le livre de Françoise Lapeyre pour comprendre que les aventures des voyageuses françaises n'étaient pas moins mouvementées que les autres.
Le roman des voyageuses françaises (Payot, 2007)

jeudi 28 octobre 2010

Ida Pfeiffer La première aventurière exploratrice

Ida Pfeiffer a été, non la première voyageuse, mais celle qui, la première, a voulu donner un nouveau sens au mot "aventurière", la première à vouloir être une exploratrice, pas une courtisane ni une espionne. C'était en 1850... Pour lire la suite, cliquer sur Plus d'nfos...