Entrez dans l'aventure au féminin...

Aventurières, voyageuses, exploratrices, globe-trotteuses... Elles existent, vous les avez rencontrées - peut-être en êtes-vous une.

Mais savez-vous qu'elles ont toujours existé ? Longtemps avant Alexandra David-Néel, longtemps avant Isabelle Eberhardt ?

En 1850, déjà... et même avant. Ida Pfeiffer, Isabella Bird, Gertrude Bell, Jane Dieulafoy... et tant d'autres. Ce blog leur est consacré ; aidez-moi à l'enrichir avec les histoires vraies que vous connaissez, et des questions auxquelles je m'efforcerai de répondre.



vendredi 15 février 2013

Dumas et la voyageuse

Le Journal d'une parisienne en voyage est signé d'Alexandre Dumas, mais ce n'est pas un roman. Il s'agit d'un emprunt de l'écrivain à la comtesse Dash, authentique voyageuse à travers le Pacifique (Nouvelle-Zélande, Australie, Nouvelle-Calédonie, Tahiti, Californie...) dans les années 1850. De retour en France, cette grande dame avait confié "à un ami les notes de son journal" - ami qui l'a arrangé à sa guise. Le récit perd un peu en exactitude, mais gagne en panache - du vrai Dumas ! Une description savoureuse de ces terres alors encore si peu connues des Européens. 
Réédité par les Editions avant et après.

jeudi 13 décembre 2012

Susanna Carson Rijnhardt


Susie Carson est médecin quand, en 1894, elle rencontre le missionnaire néerlandais Petrus Rijnhardt, de sulfureuse réputation. Ensemble, ils partent pour la Chine. Un an plus tard, ils sont au Tibet, avec l’intention de pénétrer dans Lhassa, ville interdite aux Occidentaux. Deux années passent encore et ils se trouvent à 200 kilomètres seulement de leur but quand ils se retrouvent totalement démunis à la suite d’une attaque de brigands. Petrus laisse Susie dans un campement de fortune pour aller chercher des secours… et ne revient jamais. L’aventure devient alors pour Susie solitaire : sans autres bagages que deux pistolets et un peu d’argent, elle s’engage dans les montagnes du Tibet sud-oriental et parvient un mois plus tard, en haillon, les pieds blessés par les gelures, dans la ville de Kangdin (anciennement Ta-tsien-lou), où elle rencontre un missionnaire qui deviendra son deuxième mari.
Elle a raconté son extraordinaire voyage dans With the Tibetans in Tent and Temple, paru en 1901.

mardi 4 décembre 2012

aventuière voyageuse, sportive...

Stéphanie me signale la parution de ce livre, tiré d'une thèse de doctorat : Femmes en aventure : de la voyageuse à la sportive 1850-1936. "Une belle recherche sur l'avènement des femmes en aventure, à partir de quelques figures marquantes". Je l'ai commandé, je l'attends...  Et nous en reparlons.
N'hésitez pas à me signaler tout autre parution sur le sujet !

Femmes en aventure : de la voyageuse à la sportive 1850-1936. Presses universitaires de Rennes, 2012.

dimanche 4 novembre 2012

Linda, jeune aventurière

Une petite info, côté fiction de mon blog : vient de paraître chez Flammarion Une fille dans la forêt, un roman jeunesse qui m'a été inspiré par une rencontre faite dans la forêt amazonienne.
L'histoire est celle de Linda, mère française, père... Indien kichwa. Son aventure commence à Sarayaku, dans le village de sa famille indienne qu'elle ne connaissait pas jusque-là. Or Sarayaku est en lutte contre les prospections pétriolières faites sur leur territoire - sur ce point aussi, le livre s'inspire de la réalité, à découvrir sur Frontière de vie. Une manière de faire la connaissance d'une fille qui n'a pas froid aux yeux, et de réfléchir sur la façon dont un peuple autotochtone appréhende le développement d'un côté, son passé et la forêt de l'autre.

dimanche 21 octobre 2012

Léonie, une aventurière de 5 ans

Le festival Les Ecrans de l'aventure a rappelé, s'il était besoin, combien l'aventure est désormais féminine. Parmi les noms apparus à l'écran : Anne Queméré, France Pinczon du Sel, Myriam Baran, Marie-Anne Bertin... Elles sont devant ou derrière la caméra, parfois les deux !
Et j'ai découvert à cette occasion que la plus jeune de nos aventurières s'appelle Léonie. Elle vient de perdre deux dents de lait. Ne manquez pas son blog !
Les Ecrans de l'aventure, organisés par La Guilde du raid, se sont déroulés à Dijon du 11 au 13 octobre.

dimanche 14 octobre 2012

Fanny Loviot a-t-elle menti ?



Le livre de Fanny Loviot est un des plus vivants de la littérature de voyage au féminin. Ma captivité dans les mers de Chine raconte les incroyables aventures d’une jeune lingère parisienne partie du Havre vers San Francisco en 1852 pour faire fortune dans le commerce. Tempêtes, incendies, « excursion » vers les villes minières de Californie, nouveau départ vers Sumatra, rencontre avec les pirates, captivité… Rien ne manque à ce récit enlevé qui eut en son temps un grand succès. Pendant longtemps, il  fut considéré comme exact, mais aujourd'hui, on soupçonne Fanny (ou son rewriter) d’avoir quelque peu déformé la vérité :  sans doute, au lieu d'une petite commerçante en quête d'une vie meilleure, faut-il voir en elle une prostituée dont la France s'est débarrassée dans le cadre de la Société des lingots d’or… Son récit n'en est pas moins passionnant, au contraire !

Les Carnets de l'exotisme - L'exotisme au féminin "Fanny Loviot chercheuse d'or au Far West", par Jean-Paul Bouchon.
Léon Lemonnier La Ruée vers l'or en Californie, Gallimard, 1944
Ma captivité dans les mers de Chine, par Fanny Loviot, préface de Gilles Lapouge
et pour en savoir plus sur les voyageuses françaises, voir le livre de Françoise Lapeyre.

dimanche 23 septembre 2012

La passagère clandestine

L'histoire de Jeanne Barret, que le botaniste Commerson a emmenée avec lui dans l'expédition Bougainville, déguisée en garçon, est bien connue. On rêve beaucoup sur cette histoire d'amour et de travestissement, mais on oublie souvent que, outre qu'elle est sans doute la première Française à avoir fait le tour du monde, Jeanne fut une aide-botaniste on ne peut plus efficace. C'est grâce à elle qu'ont été sauvées les collections de Philibert Commerson. Après avoir été contraint par Bougainville de débarquer à l'ïle Maurice une fois l'identité de son "valet" démasquée, le botaniste succomba au paludisme en 1773. Jeanne se voyait interdit le retour en France en raison de son statut de passager clandestin... Elle attendit encore trois années pour obtenir une autorisation, et faire bénéficier le jardin du Roi d'une trentaine de caisses renfermant 5 000 espèces de plantes ramassées par son amant et elle autour du monde. Une magnifique exposition rappelle, au jardin du Luxembourg, à Paris, l'importance de cette jeune femme pour la botanique en France.