Entrez dans l'aventure au féminin...

Aventurières, voyageuses, exploratrices, globe-trotteuses... Elles existent, vous les avez rencontrées - peut-être en êtes-vous une.

Mais savez-vous qu'elles ont toujours existé ? Longtemps avant Alexandra David-Néel, longtemps avant Isabelle Eberhardt ?

En 1850, déjà... et même avant. Ida Pfeiffer, Isabella Bird, Gertrude Bell, Jane Dieulafoy... et tant d'autres. Ce blog leur est consacré ; aidez-moi à l'enrichir avec les histoires vraies que vous connaissez, et des questions auxquelles je m'efforcerai de répondre.



lundi 16 janvier 2023

Sacajawea, une amérindienne dans la conquête de l'Ouest



A écouter : une fiction radiophonique de France Inter (Autant en emporte l'Histoire) pour revoir l'expédition de Lewis et Clark par les yeux de la jeune Amérindienne qui fut leur interprète et leur ambassadrice.

Le 7 avril 1805, le capitaine Lewis écrit dans son journal : « Nous étions sur le point de pénétrer au moins deux mille miles à l’intérieur d’un pays, dont aucun homme civilisé n’avait encore foulé le sol. » Cela fait un an que la célèbre expédition de Lewis et Clark, envoyée par le président Jefferson à la découverte des territoires inconnus de l’ouest, a quitté St Louis pour remonter en pirogue le Missouri. De là, ils finiront par trouver un passage à travers les terrifiantes Montagnes Rocheuses et en décembre 1805, malgré les maladies, la faim, les attaques de grizzlis, à rejoindre enfin la côte pacifique.
Avec un objectif d’abord scientifique (relevé cartographique, découverte de la faune et de la flore) l’expédition Lewis Clark qui répond aux visées clairement expansionnistes de Jefferson, va ouvrir la voie à ce qu’on appelle la Conquête de l’Ouest avec son cortège de destructions et de massacres..

Avec l'historienne Annick Foucrier, spécialiste de la Conquête de l'Ouest.

jeudi 23 décembre 2021

Lady Sarashina

 
Le vrai nom de cette femme qui vécut dans le Japon de l’ère Heian (VIIIe-XIe siècle) n’est pas connu. Sarashina est le nom d’une région où elle a voyagé, et les seules traces de ses nombreux voyages dans l’intérieur du Japon sont un journal, le Sarashina Nikki, qu’on a retrouvé bien après sa disparition, conservé dans les archives impériales. Par la description des paysages, des obstacles affrontés et des dangers encourus, et surtout par le besoin manifeste et magnifiquement détaillé qu’elle éprouve de partir et de repartir sans cesse, on peut considérer son livre comme le premier récit de voyage de femme connu.

Le Journal de Sarashina. Editions Verdier, octobre 1917

mercredi 6 octobre 2021

Les aventurières de la liberté

 


Certaines hébergent et sauvent les pourchassés, rédigent des journaux, confectionnent des faux papiers. D’autres espionnent, soignent les internés des camps, ravitaillent le maquis, fabriquent des explosifs. Il y a celles qui rejoignent Londres ou qui codent des messages pour la France libre. Aucune mission ne les effraie, elles montent des évasions, volent des armes, parfois les portent. CE sont les aventurières de la liberté... 

Grâce à de nombreuses photographies et archives inédites, l’historienne Dominique Missika redonne à ces femmes d’exception un visage et une voix.

mercredi 15 septembre 2021

Marie-Louise Girardin, une autre passagère clandestine

 

L'aventure de Jeanne Barret, passagère clandestine de l'expédition Bougainville (1766-1769) est maintenant bien connue (cf L'Aventurière de l'Etoile, Tallandier 2020). On connaît moins cette autre: Marie-Louise Victoire Girardin. Elle aussi déguisée en homme, engagée comme "commis",  elle a participé à l'expédition d'Entrecasteaux à la recherche de Lapérouse (1792-1794). On la connaît par un journal de bord, celui de La Motte du Portail, qui raconte comment, soupçonnée d'être travestie, elle se battit en duel avec l'"offenseur" pour prouver le contraire. Ce n'est qu'à sa mort, pendant le voyage du retour, qu'un médecin du bord put confirmer ce dont tout le monde se doutait à bord de La Recherche... 


lundi 24 mai 2021

Voyageuses dans la Grèce antique


 L'image de la femme dans la Grèce antique est réduite à celle du gynécée ; l'enfermement était sa condition, la reproduction sa fonction. Pourtant, là encore, il s'agit d'un faux-semblant. Une exposition organisée à Genève rappelle qu'en Grèce aussi, il y avait des voyageuses et des audacieuses... " Dès les années 300 avant notre ère, des poétesses et des musiciennes ont donné des récitals ou ont participé à des concours internationaux, tandis que les femmes philosophes ou médecins ont fait connaître leurs idées loin à la ronde." 

Pour en savoir plus: "Artistes et intellectuelles itinérantes en Grèce antique" 

(Une information donnée par Paskal Chelet-Roux)


jeudi 25 mars 2021

"Je voulais tester mes limites" - Les aventurières du grand large

 

Judith Lawson, Naomi James, Florence Arthaud 
"Je voulais tester mes limites" : c'est Naomi James qui parle, première femme à avoir navigué en solitaire à travers le monde via le cap Horn. Brigitte Oudry, qui a réalisé la même circumnavigation, le dit d'une autre manière : "J'avais besoin de grandes choses". Ann Gash : "Je voulais me constituer des souvenirs extraordinaires"... 

Toutes ces navigatrices sont réunies dans un livre depuis longtemps épuisé, qui rappelle des noms aujourd'hui oubliés, ceux des pionnières de la voile des années 1970 :  Marie-Noëlle Dedienne (adepte des équipages féminins), Aline Marchand (vingt-deux jours sans mât sur l'Atlantique), Teressa Remiszewska (qui, à peine sortie de l'hôpital, a essuyé et bouclé sa transat et un cyclone sans jamais demander de l'aide), Louise Chambaz (concurrente de l'Aurore), Marie-Claude Fauroux (premier succès féminin à la Transat), Brigitte Aubry, (première concurrente de la mini-transat, sur un bateau de 6,50m)... et d'autres.  Le livre est écrit dans un style démodé, donc impossible à rééditer. A quand un nouveau livre sur le sujet ? 

lundi 8 mars 2021

Calamity Jane, aventurière de légende

 

La jeune fille sort de l'anonymat en 1875 lorsque les soldats de l'expédition Newton-Jenney remarquent dans le groupe habituel des suiveuses de l'armée (souvent des prostituées) une jeune fille de dix-sept ans habillée en homme. Ils décrivent une bonne cavalière, fine gâchette, forte en gueule, généreuse, ivrogne et fabulatrice qu'ils surnomment aussitôt Calamity Jane. Tout le reste n'est que légende... mais quelle légende ! D'un siècle à l'autre, celle-ci gonfle et se déforme au gré des modes et des courants de pensée -- comment s'en indigner alors que l'héroïne elle-même alimentait les romans présentés comme des biographies ? De  fausses "lettres" dites de sa main (qui ne savait pas écrire), publiées quarante ans après sa mort par une prétendue fille de Calamity, ont achevé de fixer le mythe d'une femme cowboy au grand cœur. Le magnifique album de François Roca donne à cette légende une couleur particulière, plus onirique que pittoresque -- un western de rêve pour une aventurière dont la réalité s'est effilochée sous les fables. 

Pour connaître la véritable Martha Cannary, dite Calamity Jane,on peut lire Calamity Jane, Life and Legend, de Richard W. Etulain.